L'Ourcq vu par Emmanuelle Veil.

Septembre à la découpe, en enfer et dans l’Ourcq : Nos livres sont des petits reflets d’une époque de tumulte, et malgré eux ils ont capté l’actualité. Pascal Manoukian avec A la découpe (sortie : 4 septembre) nous brosse un portrait moral de la France, du bas comme du haut. Sa fable sur les présidentielles 2027 est bien plus profonde qu’un ricanement. Elisez-moi, et je revendrai la France et distribuerai l’argent à tous les citoyens et citoyennes, propose un candidat surgi des réseaux sociaux et galvanisé par les chaînes toutinfo.

Un ouvrage qui aurait pu connaître une certaine confidentialité, Elfogyott lui, vit dans la grande lumière publique. L’auteur, à peine imprimé l’ouvrage, a été nommé directeur de cabinet du Premier ministre. La promo classique de l’auteur s’en trouve interdite. Avant de rentrer dans « l’enfer de Matignon », il nous a laissé ce petit joyau, avec une enthousiasmante préface de François Sureau (17 septembre). Ses choses vues-vécues-racontées dans le Budapest de 1989, juste avant que le mur ne cède et juste après qu’il s’écroule racontent également le temps long, celui de la Guerre froide et de la mondialisation follement naïve des années 1990. Les gouvernements passent et trépassent, des livres comme autant de bornes-mémoires restent.

Emmanuelle Veil, ancienne journaliste de L’Express et de Charlie Hebdo, pique une tête dans les eaux interdites de l’Ourcq. Ses escapades dans les interstices sauvages du 19e parisien sont bien les seuls moments de grâce dans un livre où s’imposent les nouveaux pouvoirs, les nouveaux codes sociaux et amoureux. Un joug psychologique domine La Fille de l’Ourcq (30 septembre) ce premier roman très personnel : la limérence, ou l’obsession de vouloir être aimé par quelqu’un qui ne vous aime pas et ne vous aimera jamais. Un bon résumé du moment.

(Photo : Emmanuelle Veil)

Le blog de l’éditeur

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